Voici le début d'"Arkhalià, le livre sans page", que je viens de publier aux éditions Lampsaque. Sur le site www.arkhalia.org, vous trouverez d'autres extraits, des propositions de rencontre, et la possibilité de continuer le livre en y ajoutant des "chutes".
Le soleil règne déjà dans la chambre blanche. Je m’assieds sur le bord du lit et je regarde autour de moi.
Le sol est pavé de petits carreaux rouges irréguliers. Les murs sont de pierre ou de brique, soigneusement passés au lait de chaux. Sauf l’embrasure de la fenêtre et l’entourage de la porte, laissés en belle pierre apparente.
Sur une table basse, un pain, des fruits, un pichet et une tasse. Du poisson grillé sur un plat, une carafe d’eau pure.
Sur le lit, on a posé des vêtements légers et clairs. Un pantalon et une chemise. Une paire d’espadrilles
Cette chambre me plait. Dans l’état de fatigue où je me trouve, son dénuement correspond merveilleusement à ce que je souhaite : me reposer, reprendre des forces.
Je tends la main et je saisis le pichet. Il est rempli de café brûlant. Je me sers une tasse. L’arôme profond, la saveur délicate et robuste m’extirpent complètement des brumes du sommeil. Je dévore le pain et le poisson.
Dans l’embrasure, une table de travail, élégante et sobre, et une chaise.
Je me lève, je m’habille et m’approche de la table. Un cahier épais, à la couverture blanche, y est posé en évidence, ainsi qu’un beau stylo de cuivre poli. Les pages du cahier sont vierges. Le papier en est d’aspect particulièrement agréable, d’un blanc légèrement teinté de jaune, feutré et souple, doux au toucher.
Il est certain que quelqu’un l’a placé ici en pensant que je souhaite écrire, ou pour m’inciter à écrire. L’idée me séduit. Dés que mes forces le permettront, j’y consignerai mes premières impressions.
Tenir un journal me sera certainement utile pour mon enquête.